Rentabilité et risque dans la supply chain aéronautique : le cas des firmes pivots

01 septembre – "Rente relationnelle et sous-performance des firmes pivots dans la chaîne de valeur aéronautique" de Mathieu Bécue, Jean Belin et Damien Talbot paru dans la revue M@n@gement.  

Cette communication montre, qu’en réponse aux mutations des activités aéronautiques, apparaît au sein de la supply chain une nouvelle forme organisationnelle de firme que nous appelons « firme pivot ». Une firme pivot est un architecte intégrateur local de sous-ensembles complets, un équipementier qui anime un réseau de sous-traitants, qui détient des compétences techniques spécifiques et qui prend part au risk sharing. Au-delà de la caractérisation de cette forme organisationnelle, la question que nous posons dans ce travail est la suivante : en quoi les spécificités organisationnelles des firmes pivots et leur place dans la supply chain influencent-elles d’un point de vue financier leur rentabilité et leurs risques ?
Nous réalisons une analyse statistique des comptes des entreprises sous-traitantes du secteur aéronautique localisées au sein des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées sur la période 2000 et 2007. Ce travail montre tout d’abord la réalité de l’existence de ce groupe particulier de sous-traitants. Il nous permet ensuite de constater qu’être une firme pivot ne permet pas d’obtenir une meilleure rentabilité à court terme et génère un risque financier plus important. Ces entreprises sont en effet caractérisées par des niveaux de provisions très importants et des niveaux de stocks particulièrement élevés. Ces caractéristiques affectent les ratios de liquidités, alourdissent fortement leurs besoins en fonds de roulement, augmentent le recours aux dettes financières, réduisent leur autonomie financière et au final agissent sur la rentabilité et le risque de faillite.
On constate alors, en réponse à la question initiale, que l’accroissement des risques pris par les firmes pivots ne s’accompagne pas en retour d’une amélioration de leur rentabilité. En revanche, comme l’ont souligné nos entretiens, ce positionnement stratégique au sein de la supply chain peut lui assurer une place pérenne de fournisseur de rang 1 ou 2. Ici la logique industrielle de moyen terme domine la logique financière basée sur la recherche d’une rentabilité maximale à court terme.

http://www.strategie-aims.com/events/conferences/22-xxieme-conference-de-l-aims/communications?theme=Externalisation+et+Sous-Traitance#communication_2582